CCC

CCC : Courmayeur-Champeix-Chamonix ou C fait mais C diablement Compliqué
2 ans, p… 2 ans qu’il m’aura fallu pour la terminer….
Car il ne faut pas l’oublier le plus dur pour la CCC : c’est le tirage au sort.
Deux ans de préparation … et enfin :
Arrivée à Chamonix Jeudi 29 Aout vers 13h30.





Première épreuve « la remise des dossards », arrivée à proximité du gymnase, j’aperçois une longue file d’attente….ben oui, c’est bien ici.



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2h15 plus tard, c’est Ok : le matos est conforme, le sac à dos est marqué.




Départ du bus le Vendredi pour Courmayeur à 5h45, c’est tôt, trop tôt mais c’est comme ça !
Vendredi matin, réveil 4h45 : de bonne heure et de bonne humeur. Le voyage en bus se fait dans le calme, chacun commençant son aventure intérieure….
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Presque 3h00 plus tard, après les hymnes (Suisse, Français, Italien : séquence émotion) et la musique officielle UTMB, le départ est enfin donné dans les rues de Courmayeur sous les encouragements des Italiens décidément fort sympathique.
C’est sous les applaudissements, encouragements, sonnailles, clarines et tous ce qui peut faire du bruit que nous commençons la montée goudronnée vers notre prochaine étape : la tête de la Tronche.

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La montée se fait à un rythme un peu ralenti par les attardés de la première vague (partis à 9h00)…
En effet, certains n’hésitent pas à indiquer une estimation de temps complètement farfelue à l’inscription afin de partir avec les premiers.

Pas grave : 2h26 plus tard et 1435 m plus haut, je passe à la « Tête de La Tronche » bien content d’en finir avec cette mise en bouche.
Pas trop de monde au refuge « Bertone » (3h01) donc j’avale un petit coca pour affronter la suite des hostilités.
Je sais pas si c’est ce maudit coca mais je « choppe » un point de coté qui ne me lâchera plus jusqu’à l’arrivée…
Au refuge « Bonatti » (4h10), je prends un bon verre d’eau fraîche sachant qu’ Arnuva n’est pas loin.
Au bout de 5h00 de course, je suis au ravitaillement d’ Arnuva et je commence à avoir quelques doutes sur la montée au « Grand Col Ferret ».
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Montée assez raide juste après le ravito pour arriver au niveau du refuge Elena mais toujours dans un paysage fabuleux (sous le soleil !).

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Mes doutes seront confirmés par une montée très difficile (pour moi, en tous les cas !) jusqu’au col : 6h31 de course avec une moyenne de 2.93km/h depuis Arnuva 🙁
Au col, petite pensée pour les gens qui sont passés au même endroit un an plus tôt dans le froid et la neige…respect !

La descente sur « la Peule » et « La Fouly » , partie très roulante, sera pour moi un vrai calvaire : je n’avance pas, mes muscles me font mal et mes jambes sont tétanisées.
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Au ravitaillement de La Fouly, le moral est au plus bas et j’envisage presque de jeter l ‘éponge devant tout ce qu’il reste à faire.
Avec Guillaume (un peu dans le dur lui aussi) nous repartons tant bien que mal et nous courons ensemble jusqu’à Praz de Fort au pied de la montée sur Champeix.


Celui-ci éprouvant quelques difficultés, me laisse pour partir devant jusqu’à « Champeix » (je crois qu’il arrêtera à ce ravitaillement).
Pour ma part, le moral revient et dans la mesure où c’est la tête qui décide, les jambes semblent un peu plus d’accord pour me porter au moins jusqu’au prochain ravito.
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Arrivée à Champeix après 10h40 de course dans une ambiance digne du tour de France…(et à l’Alpes d’Huez svp), un bon ravito (soupe, pâtes,ect) je repars regonflé comme un ballon de baudruche pour le prochain poste (Trient) où, je sais, m’attend ma petite famille.

Le seul obstacle entre Champeix et Trient : Bovine !
Un peu débutant dans ce genre d’épreuve, je n’ai pas anticipé la nuit (au ravito) et me voilà en plein bois (dans la pénombre) à chercher bandana et autre frontale…10mn et plein d’énergie perdue sur ce coup !
La montée à Bovine se fait, non sans douleur, mais tranquillement je double pas mal de traileurs qui sont visiblement plus cuits que moi…
C’est dans cette montée, à la sortie du bois que je vois…deux yeux fluorescents qui m’observent….
Illico, me revient à l’esprit « La Tragédie du dossard 512 » et les hallucinations que Y.Metay décrit (fort bien) dans son spectacle et je commence à me faire quelques soucis sur mon état de santé.
Par chance, je découvrirai plus loin qu’il s’agit simplement d’une « Reine » qui me regarde, « vachement » étonné de voir passer des drôles de « cyclopes » dans son alpage.
En fait, ces braves bêtes doivent penser qu’il s’agit d’une espèce de transhumance qui à lieu chaque année à la même époque et quel que soit le temps…sont fous ces humains !
Le sommet est enfin atteint en 12h52 et il ne me reste qu’à redescendre sur Trient…j’aime pas les descentes (et c’est bien réciproque) et on me double dans tous les sens !
Arrivée à Trient à 23h32 (14h17), je retrouve ma petite femme et un de mes enfants qui m’ont fait la gentillesse de me suivre dans cette aventure.
Tout « plein de de réconfort » plus tard (25mn d’arrêt) je repars pour affronter la montée des « Tseppes » (850+) qui dans mon souvenir est moins difficile que Bovine.
C’est effectivement le cas mais la descente sur Vallorcine est comme je m’y attendais : un vrai calvaire.
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Vallorcine : 17h21 de course.
On dirait une momie tout juste sortie de la Vallée des Rois…
Quel plaisir de retrouver à nouveau ma famille (c’était pas prévu mais bien utile m’a confirmé ma femme qui m’a trouvé un peu déprimé à cet endroit du parcours!)…
Quand on aime on ne compte pas et du coup je repars 35mn plus tard bien décidé à en finir.


C’est d’un bon pas que je file jusqu’aux « Grands Montets » et c’est d’un petit pas (mais alors tout petit) que j’attaque « la Tête aux Vents ».
Montée longue et difficile, surtout si on regarde vers le sommet et que l’on aperçoit la procession de frontales loin au dessus !
Bref (enfin façon de parler) je passe à la Tête aux Vents au bout de 20h01 de course (et 6000m de D+) accueilli comme ailleurs par des bénévoles souriants et toujours aussi aimables : un grand merci à tous ces Gens sans lesquels ce type d’événement ne serait pas possible.
Par contre, j’avais oublié que « la Flégère » c’était si loin…ça n’en finit plus, les jambes sont depuis longtemps devenues des poteaux. J’aperçois des lumières (des années lumières ? ) au loin et il me faudra pratiquement 45mn pour enfin avoir droit à ma désormais habituelle « soupe de pâtes ».
Le jour se lève, il est temps de rentrer. La descente se fait dans la douleur mais c’est la fin et même si je dois ramper je finirais…Par contre, il m’est très difficile de courir même dans les endroits faciles mais c’est pas grave me voici enfin au chalet de « la Floria » tant attendu !
Un peu plus tard, c’est l’entrée dans Chamonix et le début du bonheur. L’organisation a ajouté un petit détour ( 1km me précise un signaleur) mais je les en remercie. Ma famille est là, on finira ensemble. Le public est là, il nous portera jusqu’à l’arrivée.
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Merci à tous.
Ma famille, les organisateurs, les spectateurs Français, Italiens ou Suisses : merci de nous offrir de si grands instants de bonheur.
Arrivée : 7h25 soit 22h10mn
Classement : 542 scratch, 43V2
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Résultat détaillé : ici (dossard 6097)