Trail de Saint Jacques

Trail de Saint JacquesTrail de Saint Jacques ou « retour vers l’enfer »:
Première édition du trail de Saint Jacques organisé par Extra-Sports Lyon (pour rappel SainteLyon, Lyon Urban Trail, Lyon Free Vtt). Donc artillerie lourde sur la pub, stage découverte du parcours mais aussi un vrai savoir faire dans l’organisation de grandes manifestations populaires.


J’ai fait quelques étapes de « St Jacques » en rando : Le Puy-Nasbinals (pour l’instant). Les paysages sont fabuleux et les chemins sont agréables et ne présentent pas de dénivelé insurmontable…J’avoue que depuis j’espérais secrètement pouvoir les refaire mais cette fois-ci en courant.
Eh bé, ils l’ont fait…
Le parcours sera en sens inverse. Départ du Sauvage, Saugues, Monistrol , St Privat, Bains et enfin arrivée au Puy avec montée des escaliers de la cathédrale !
DéDiou mais c’est sur mes terres : département de naissance sur lequel j’ai pas mal arpenté les chemins (en moto, c’est vrai ) : normalement, ça va le faire !
De plus, il y a fort longtemps j’ai été « enfant de cœur » dans une petite commune à 14kms de l’arrivée. Il me semble naturel que la Vierge du Puy fasse un petit geste en reconnaissance du service rendu. Genre, un petit 15kms de moyenne me conviendrait bien…je cours habituellement à 8/9 donc….je ne demande pas grand chose  😉
Mais non, on n’est pas à Lourdes.
Après une petite marche de 2 ou 3 kms , me voilà au Sauvage, remonté comme une pendule à 13 coups sous une météo parfaite.

Le trail de Saint Jacques
Départ 10h00 pour les relais, méfiage le chemin est étroit, ça risque de bouchonner.
Déjà, la pression commence à monter.
10h15 : pif, ce coup là, c’est à nous.



Que se passe t-il à ce moment dans ma pauvre tête, je ne sais pas mais je suis persuadé qu’il faut me placer pour éviter un ralentissement potentiel. De plus pour aller à Saugues, le profil est descendant : faut donc mettre du charbon !
Pas d’hésitation, avec « MotorHead » dans les écouteurs ça envoie du gras…
1h50 plus tard, j’arrive à Saugues (+de 20kms à mon compteur) et au ravito, j’ai comme un doute sur mon état de forme…
Pas grave, on laisse tomber « MotorHead » pour « Dire Straits » : moins gras mais encore assez rapide .
C’est dans la montée qui suit que mon estomac me confirme mon départ trop optimiste…
Bougre d’âne que je suis, je n’écoute pas les alertes renvoyées par mon corps d’athlète pré-retraité. Arrivé sur le plateau, j’en remets une couche jusqu’au Vernet ( 28kms du départ), persuadé que la descente sur Monistrol va me refaire une santé.
Et une connerie de plus…la descente est un vrai calvaire, les jambes sont raides, l’estomac complétement retourné, je n’avance plus, ça me double de partout.
On voit la chapelle de Rochegude de l’autre coté de la vallée de l’Allier, va falloir y remonter : pétard, le journée va être longue.
Monistrol ou début de la fin:
A peine 36kms du départ et c’est la misère qui commence, je change encore de musique : ce coup là, je passe à « The Cure », on n’est pas encore dans le gothique mais ça se rapproche.
Je la connais cette montée et je savais qu’elle ne serait pas facile : je ne suis pas déçu !
Ça serait bien que la Vierge se rappelle à moi ( au moins 2 ans à servir la messe…) mais
rien, nada : la montée ressemble à un chemin de croix.
Remarque, je ne suis pas le seul. Je double pas mal de zombies, mort-vivants et autres « individus » dans mon genre dont certains sont en train de vomir sur ces pauvres arbres qui n’avaient rien demandés.
Pas de miracle donc. J’arrive tant bien que mal ( euh non, franchement mal ) au sommet de la première montée.
Celle qui va suivre me sera fatale.
Pour me faire bien voir, après tout on est sur Saint Jacques : je m’isole avec le Requiem de Mozart ( la messe des morts donc ).
Rien, aucun geste divin ( j’ai du trop faire le con pendant les messes !)
C’est long, très long.
Ça fait mal, très mal (jambes, estomac qui refuse toute ingestion depuis Saugues mais surtout moral qui s’amenuise)
Dur, très dur quand on prend conscience que ça le fera pas.

Trail de Saint Jacques



Dans un état déplorable, j’arrive enfin au ravito de St Privat (43kms à mon compteur)





Abandonner.
Mes jambes, au nombre de 2, et mon estomac sont pour. Mon cerveau lui est contre.
3 contre 1. La décision est prise, je n’irai pas plus loin : reste presque 30 kms , c’est trop !
Pétard, je ne verrais pas les marches de la cathédrale, pas de maillot finisher, pas de lentilles à l’arrivée !
Comment, ai je pu me faire avoir aussi bêtement ?
-excès de jeunesse : il y a longtemps que je ne suis plus concerné !
-miracle espéré : trop ingrat, 2 ans de bons et loyaux services pour ça !
-trop de pression : course à domicile…
Je n’ai pas la réponse, que des questions.
Cela ne m’était jamais arrivé auparavant mais je confirme : c’est pas glop comme décision !
Quoi qu’il en soit les paysages sont d’une grande beauté même si pour moi ils conserveront un petit gout d’amertume…
En espérant pouvoir me venger une prochaine année.